Le risque routier professionnel : un enjeu crucial pour la Sécurité au Travail

Le risque routier professionnel : un enjeu crucial pour la Sécurité au Travail

Le risque routier professionnel est une préoccupation majeure pour les entreprises et les travailleurs. Les accidents de la route, qu’ils surviennent lors des trajets domicile-travail ou des déplacements professionnels, peuvent avoir des conséquences graves.

Sur le plan humain, ils peuvent entraîner des blessures graves, des incapacités permanentes, voire des décès. Les victimes d’accidents de la route peuvent subir des traumatismes physiques et psychologiques importants, nécessitant des soins médicaux prolongés et une réadaptation.

Sur le plan financier, les accidents de la route représentent un coût significatif pour les entreprises. Les frais médicaux, les indemnités journalières pour les arrêts de travail, les coûts de réparation des véhicules endommagés et les éventuelles poursuites judiciaires peuvent rapidement s’accumuler.

De plus, les entreprises peuvent subir des pertes de productivité en raison de l’absence prolongée des employés blessés et des perturbations dans les opérations quotidiennes. La prévention et la sensibilisation sont essentielles pour réduire ces risques et assurer la sécurité des employés.

 

1. Comprendre le risque routier

En 2022, le risque routier professionnel a été responsable d’environ 30% des accidents mortels en lien avec le travail. Au total, on dénombre 485 personnes décédées lors d’un déplacement professionnel.

Le risque routier englobe tous les dangers liés à la conduite et aux déplacements professionnels sur la route.

Il peut être divisé en deux grandes catégories :

1/ Les accidents de trajet

    • Surviennent lors des trajets normaux entre le domicile et lieu de travail ou entre le lieu de travail et le lieu de restauration habituel.
    • Le trajet « normal » implique un itinéraire direct, sans détour, à quelques exceptions près (arrêts réguliers tels que la crèche par exemple)
    • L’accident doit avoir lieu pendant les heures normales, sans prolongation excessive

2/ Les accidents de mission

    • Ces accidents se produisent lors des déplacements professionnels, tels que les visites chez les clients, les livraisons, ou les réunions externes.
    • Le trajet doit avoir un lien avec le travail, même lors de déplacements de plusieurs jours hors résidence professionnelle.

Personnes décédées lors d'un déplacement professionnel en 2022

Le saviez-vous ?

Selon que vous habitiez dans un appartement ou dans une maison avec jardin, le point de départ pour un accident de trajet diffère.

  • En effet, si vous vivez en appartement, dès que vous franchissez la porte de votre logement pour vous rendre au travail, vous êtes considéré comme étant en trajet professionnel.

Ainsi, une chute dans l’escalier de votre immeuble serait qualifiée d’accident de trajet.

  • A contrario, si vous résidez dans une maison, tant que vous n’avez pas passé les limites de votre propriété, tout incident est considéré comme un accident domestique.

Si vous glissez sur une plaque de verglas dans votre cour en rejoignant votre véhicule, cela ne peut être considéré comme un accident de trajet.

2. Les causes des accidents de trajet et de mission

Les accidents de trajet et de mission peuvent être causés par une multitude de facteurs.

Les causes les plus courantes sont :

  • Fatigue et somnolence sont des causes majeures d’accidents, surtout lors de trajets longs ou de nuit.
  • Conduire au-delà des limites de vitesse réduit le temps de réaction et augmente la gravité des collisions
  • L’utilisation du téléphone portable, manger, boire, fumer, … détourne l’attention du conducteur
  • La conduite sous l’influence de l’alcool ou de drogues altère les capacités de conduite.
  • Refus de priorité, non-respect des signalisations, distances de sécurité non respectée, … sont malheureusement fréquents.
  • La pluie, la neige, le brouillard et le verglas peuvent rendre la conduite dangereuse.
  • Les routes en mauvais état, les nids-de-poule, et les travaux routiers peuvent causer des accidents.
  • Les pannes de véhicule, les problèmes de freinage, et les pneus usés ou mal gonflés.

3. Tous les modes de déplacement sont concernés

Les accidents routiers peuvent affecter tous les modes de déplacement, qu’il s’agisse de voitures, de motos, de vélos, de piétons ou même de transports en commun.

Voici comment chaque mode de déplacement peut être impacté :

piétons

Traversées dangereuses : en dehors des passages piétons, intersections sans feux, traversée sans regarder…
Manque de visibilité : moins visibles par les conducteurs, vêtements sombres…
Victimes du comportement à risque des conducteurs : excès de vitesse, distraction, non-respect des passages piétons…
Infrastructures inadaptées : absence de trottoir, de passages piétons, mauvais éclairage…

Visibilité réduite : moins visibles par les conducteurs, éclairages insuffisants…
Partage de la route : risque de collisions, absence de pistes cyclables, non-respect de règles de circulation…
État de la route : nids de poule, débris, obstacles…

cycliste

Visibilité réduite : moins visibles par les conducteurs, éclairages insuffisants…
Partage de la route : risque de collisions, absence de pistes cyclables, non-respect de règles de circulation…
État de la route : nids de poule, débris, obstacles…

cycliste
homme en trottinette en ville

Stabilité et contrôle : incitation à la vitesse, manque de stabilité…
Réglementation : non connaissance ou méconnaissance, non port de protections…
Comportements à risques : alcool, drogue, téléphone, écouteurs…

Visibilité réduite : moins visibles par les conducteurs, éclairages insuffisants…
État de la route : nids de poule, débris, obstacles, routes glissantes…
Comportements à risque des conducteurs : excès de vitesse, distraction, non-respect des passages piétons…
Météorologie : pluie, neige, vent…

homme sur une moto rapide
voiture

Excès de vitesse : temps de réaction réduit, véhicule inadapté…
Distraction au volant : téléphone portable, manger, boire, fumer…
Alcool & drogue : diminution des réflexes, réduction du champ visuel…
Fatigue & somnolence : trajets longs et/ou nocturnes…
Non-respect des règles de circulation : priorité, signalisation…
Problèmes mécaniques : pneus usés ou mal gonflés, freins…

Visibilité réduite : angles morts, véhicules peu vitrés…
Distraction au volant : téléphone portable, manger, boire, fumer…
Manœuvres complexes : virages, marche arrière…
Fatigue conducteur : longs trajets et longues heures de conduite…
Problèmes mécaniques : pneus usés ou mal gonflés, freins…

utilitaire
camion poids lourd

Visibilité réduite : angles morts…
Distraction au volant : téléphone portable, manger, boire, fumer…
Manœuvres complexes : virages, marche arrière…
Fatigue conducteur : longs trajets et longues heures de conduite…
Problèmes mécaniques : pneus usés ou mal gonflés, freins…

Partage de la route : voie bus ou tramway, signalisation particulière…
Incivilité à bord créant une « distraction » du chauffeur…
Comportements à risque des conducteurs : excès de vitesse, non-respect des passages piétons…
Problèmes mécaniques : pneus usés ou mal gonflés, freins…

tramway

4. Intégration du risque routier dans le DUERP

Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est un outil essentiel pour garantir la sécurité des travailleurs.

Il permet d’identifier, d’évaluer et de prévenir les risques auxquels les salariés peuvent être exposés.

Voici comment intégrer le risque routier professionnel dans le DUERP :

  • Identification des risques : Recenser tous les dangers liés aux déplacements professionnels et aux trajets domicile-travail.
  • Évaluation des risques : Analyser la gravité et la probabilité de chaque risque, en prenant en compte :
      • L’analyse des déplacements : planification et organisation des trajets
      • Les conditions de conduite : durée de déplacements, amplitudes horaires, types de véhicules, état du trafic, conditions météorologiques
      • L’identification des salariés exposés : qui est concerné et dans quelles conditions ?
      • L’historique des accidents : analyse des accidents de mission survenus (comportements à risques, problèmes mécaniques, …)
  • Plan d’action : Définir et mettre en œuvre des mesures de prévention adaptées, telles que la formation des conducteurs, l’entretien des véhicules, et la gestion de la fatigue.
  • Suivi et mise à jour : Mettre à jour régulièrement le DUERP pour refléter les changements dans les conditions de travail et les nouvelles évaluations des risques.
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Soyez responsable !

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Vous y trouverez de nombreuses ressources et vous pourrez rejoindre les entreprises qui ont signé les 7 engagements pour la sécurité des déplacements professionnels de leurs collaborateurs.

5. Mesures de prévention du risque routier

Pour réduire le risque routier professionnel, il est essentiel de mettre en place des mesures de prévention efficaces.

Voici quelques stratégies clés :

  • Formation et sensibilisation : Former les conducteurs aux bonnes pratiques de conduite et les sensibiliser aux dangers de la route.
  • Véhicules adaptés : Choisir des véhicules qui soient adaptés aux besoins de la mission (surcharge, taille, …)
  • Entretien des véhicules : Mettre en place un programme d’entretien régulier des véhicules de l’entreprise.
  • Communication : Encadrement de l’usage des appareils mobiles lors des déplacements
  • Gestion de la fatigue : Encourager les pauses régulières lors de longs trajets et sensibiliser à l’importance du repos avant de prendre la route.
  • Planification des déplacements : Planifier les trajets pour éviter les heures de pointe et les conditions météorologiques défavorables.
  • Utilisation de technologies : Installer des dispositifs de suivi et de sécurité dans les véhicules, tels que des GPS et des caméras.
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6. Importance de la Politique de Sécurité Routière (PSR)

Mettre en place une politique de sécurité routière au sein de l’entreprise est crucial pour protéger les employés, réduire les risques d’accidents, maintenir le climat social et l’image de marque.

Cela va dans le sens des obligations faites à l’employeur d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale des travailleurs (Art L4121-1 du Code du Travail).

Le plan d’action qui découle du DUERP doit être suivi, par la mise en place d’indicateur de performance pour suivre les progrès, et d’évaluation par des audits réguliers afin de s’assurer de l’efficacité de la politique de sécurité routière mise en place.

Comme toutes mesures de prévention, tout est question de communication, la direction doit faire preuve de pédagogie sur la démarche mais doit également montrer son intérêt et son implication.

Il faut impliquer les employés dans la mise en place de la politique de sécurité routière et communiquer régulièrement sur les actions mises en place ainsi que sur les résultats obtenus.

Chaque accident professionnel a un impact économique direct sur l’entreprise. Le risque routier, en particulier, entraîne des coûts significatifs (indemnités, remplacement, réparations, hausse des taux de cotisations…).

Selon l’Assurance Maladie, le coût moyen d’un accident de la route avec arrêt de travail est d’environ 30 000 euros tandis que celui d’un accident mortel peut dépasser les 500 000 euros.

La prise en compte, de façon proactive, en proposant à ses salariés une formation permettra à l’employeur de réduire la fréquence et la gravité des accidents.

 

7. Exemples de bonnes pratiques

Pour illustrer l’importance de la prévention des risques routiers professionnels, voici quelques exemples de bonnes pratiques mises en œuvre par des entreprises :

  • Définition d’objectifs : Fixer des buts clairs et mesurables pour améliorer la sécurité routière, tels que « réduire le nombre d’accidents de trajet de 20 % en un an ».
  • Programmes de récompense : Certaines entreprises récompensent les employés qui respectent les règles de sécurité routière, en offrant des primes ou des avantages.
  • Campagnes de sensibilisation : Organiser des moments de communication sur les dangers de la route, avec des affiches, des vidéos et des sessions d’information.
  • Utilisation de technologies : Installer des dispositifs de suivi et de sécurité dans les véhicules, tels que des GPS, des caméras et des systèmes de détection de fatigue.

8. Conclusion

En conclusion, la prise en compte du risque routier professionnel est cruciale pour la sécurité au travail. Les accidents de trajet et de mission peuvent avoir des conséquences graves, tant sur le plan humain que financier.

Il est donc essentiel d’intégrer ce risque dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), de mettre en place des mesures de prévention efficaces ainsi qu’une politique de sécurité routière.

Cela permet de protéger les employés, de réduire les coûts liés aux accidents et d’assurer un environnement de travail plus sûr et plus sain.